Activité

Jean-Louis Étienne

Le célèbre explorateur nous explique comment la marche peut aider à s'affirmer

La marche est une activité essentielle pour notre corps mais aussi pour notre bien-être. Jean-Louis Étienne nous raconte dans son livre "Dans mes pas", publié aux édition Paulsen, ce qui l'a poussé à marcher toujours plus loin. 

 

 

 

Médecin, spécialiste de nutrition et de biologie du sport, Jean-Louis Étienne a participé à de nombreuses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Pantagonie. Il est le premier homme à avoir atteint le pôle Nord en solitaire et réussi, en traîneaux à chiens, la plus longue traversée de l'Antarticque jamais réalisée : 7 mois, 6 300 kilomètres. 

 

 

Quelle idée a servi à l'écriture de ce livre ?

« Je suis parti d'un constat simple : tout part de la marche. L'homme préhistorique s'est redressé et a enfin pu libérer ses mains lui permettant de faire mille choses. Or, à force de faire des choses, son cerveau s'est développé. Si de nos jours, il y a plein de moyens de transports modernes, il ne faut pas oublier qu'ils sont récent et que l'homme a longtemps été nomade. 

Marcher avec soi, c'est se côtoyer au plus prés de ses envies, de ses interrogations, de ses tourments, de ses rêves. C'est le moteur le plus facile à mettre en action quand on a envie de s'évader de son quotidien sans pour autant prendre de rendez-vous particuliers. Il m'arrive très souvent de laisser mon ordinateur et d'aller me balader. Ça m'apaise. Pas besoin d'aller bien loin pour trouver cette sérénité et permettre à mon cerveau de se remettre en route s'il était un peu bloqué par quelque chose ». 

 

Dans votre ouvrage, vous parlez beaucoup de la marche comme d'une manière de s'échapper. 

« Tout le monde est très connecté de nos jours. Marcher permet de s'apprivoiser, de mettre le doigt sur tout ce qui nous aliène. Marcher périodiquement permet de s'apprivoiser soi-même, de mieux voir le monde qui nous entoure, de nous ré-initialiser quelque part. Une fois qu'on se détache de tous les éléments technologiques, on se retrouve vraiment avec soi et ses pensées. Ça permet de sortir de ce qui ne va pas et de voir ses problèmes sous un autre angle ».

 

Du coup, ça aide aussi quand on a besoin de s'extirper de ses problèmes ?

«  L'effet antidépresseur, voire euphorisant du sport, est avéré depuis longtemps. En effet, quand on marche le cerveau produit ce qu'on appelle l'hormone du bonheur, la sérotonine. Et la bonne nouvelle c'est que plus on marche, plus on a envie de marcher. C'est comme une addiction. Ca permet également de sortir de son ressassement et de voir ce qui se passe à l'extérieur ». 

 

Vous évoquez  des bienfaits pour le cerveau dans votre livre.

«  En effet, on ne marche pas qu'avec les jambes. Avant, on pensait que les neurones partaient pour toujours or, on s'est rendu compte qu'ils étaient élastiques et qu'ils pouvaient se réparer. Marcher fait fonctionner la mémoire et aide donc à cette réparation. En effet, le travail des muscles pour descendre les escaliers par exemple demande de la précision et le cerveau travaille beaucoup (pour évaluer les distances entre autre).  S'il est très facile de mettre en oeuvre la marche, ses bénéfices sont donc très importants. Ça permet d'entretenir sa mémoire, ses capacités de reconnaissance et d'identification sensorielles (visuelles, auditives, tactiles, gustatives et olfactives) ». 

 

Est ce qu'on peut également marcher avec les autres ?

« Les clubs de randonneurs sont géniaux pour rencontrer du monde. C'est l'expédition du week-end. On se retrouve tous ensemble. Pour les gens qui n'ont plus d'activité, ça leur permet de se re sociabiliser, de se remettre dans la vie. Ce qui est encore mieux, c'est d'arriver à inscrire cet exercice dans son quotidien, d'en faire quelque chose de régulier. Il faut réussir à le caser dans son emploi du temps voire dans son quotidien ». 

 

Alors en résumé, pourquoi marcher ?

« Dans la marche toutes les fonctions biologiques sont à l'oeuvre : le cerveau qui pilote, le coeur, les jambes... c'est un exercice vraiment complet. En plus ce qui est bien c'est que c'est vraiment une activité adaptée à tous les âges. Quand on est à la campagne, ça permet de faire fonctionner mieux nos poumons, son coeur, sa vascularité. Et quand on est à la montagne, on peut même faire des balades en raquettes !  ».