Les symptômes du prédiabète : reconnaître les signes et réduire les risques

Publié 4 novembre 2021

Nous avons affaire ici à un symptôme insidieux : on ne peut ni voir ni sentir la glycémie, mais il s’agit de l’un des indicateurs les plus importants de notre santé à long terme.

Une glycémie chroniquement élevée augmente le risque de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, de lésions nerveuses, de troubles de la vue, de maladie rénale et bien sûr de diabète. Nous savons aujourd’hui que le diabète de type 2 est une maladie répandue dans notre société. Plus de 450'000 personnes en Suisse souffrent de diabète, et la tendance est à la hausse. De plus, une personne sur cinq âgée de 18 à 79 ans souffre de ce qu’on appelle le prédiabète, qui se manifeste par une augmentation de la glycémie, même si elle n’est pas assez élevée pour la qualifier de diabète.

Bien que le prédiabète puisse être géré, voire même inversé, avec un changement de mode de vie, le stade du prédiabète n’est souvent pas traité car beaucoup de personnes touchées ne le savent pas. Cette ignorance peut avoir des effets importants sur leur santé future : en effet, sans traitement, 30 % des personnes atteintes de prédiabète peuvent développer un diabète de type 2 dans les cinq ans.

Tu te demandes si tu fais partie des personnes à risque ? Ou l’un de tes proches ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur les signes, les facteurs de risque et les mesures préventives.

Qu’est-ce que le prédiabète ?

Le prédiabète est un précurseur du diabète, qui est diagnostiqué en mesurant la glycémie, l’insuline en étant le facteur décisif. L’insuline est une hormone fabriquée dans le pancréas qui transporte le glucose (sucre) présent dans le sang jusqu’aux cellules pour leur fournir de l’énergie. En cas de prédiabète, les cellules ne réagissent plus correctement à l’insuline, ce qui signifie qu’il reste de plus en plus de sucre dans le sang. Au fil du temps, cette insulinorésistance peut amener le pancréas à produire moins d’insuline, ce qui augmente encore la glycémie. Cela conduit au diabète de type 2 et à tous les problèmes de santé associés. (Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune dans laquelle le pancréas est attaqué et la production d’insuline du corps est altérée.)

Mais même si ta glycémie n’a pas encore atteint les limites définies pour le diabète, tu n’es pas à l’abri des effets néfastes de la maladie sur la santé. « Même si la glycémie n’est pas assez élevée pour diagnostiquer un diabète de type 2, elle reste élevée et peut avoir les mêmes conséquences », explique Sandra Voland, spécialiste du diabète chez WW. En effet, une concentration trop élevée de sucre dans le sang endommage les tissus et les organes. « Au fil du temps, des lésions au niveau du cœur, des nerfs, des yeux, des reins et bien plus encore peuvent se développer. Et ces dommages indirects peuvent avoir de graves conséquences sur la santé et la qualité de vie de la personne concernée. »

Le prédiabète peut provoquer certains symptômes (que nous détaillerons dans un instant), mais très souvent, les signes ne sont pas évidents. « Le prédiabète ne peut en réalité être déterminé qu’avec une analyse de sang », explique la diététicienne.

Pour plus de précisions, ton médecin peut faire déterminer les deux valeurs suivantes :

1. Glycémie à jeun :

Cette valeur est souvent déterminée dans le cadre d’analyses sanguines de routine et fournit un instantané de ta glycémie à jeun.

Signification des valeurs de glycémie à jeun :
Moins de 100 mg/dl Normal
100 – 125 mg/dlPrédiabète
126 mg/dl ou plusDiabète

2. Valeur HbA1c :

Si ton médecin soupçonne déjà un prédiabète ou un diabète, il fera déterminer la glycémie à long terme. Elle indique ta glycémie moyenne au cours des deux ou trois derniers mois.

Signification des valeurs HbA1c
Moins de 5,7 %Normal
5,7 – 6,4 %Prédiabète
6,5 % ou plusDiabète

Causes et facteurs de risque de prédiabète

Risques-tu de développer un prédiabète ? La réponse va te surprendre. L’obésité et la sédentarité rendent plus sujet à l’insulinorésistance, mais ce ne sont pas les seuls facteurs de risque. De nombreuses personnes minces et actives qui ont une alimentation équilibrée peuvent malgré tout développer un prédiabète ou un diabète de type 2.

La recherche a démontré que les facteurs suivants peuvent augmenter le risque de prédiabète :

  • D’autres membres de ta famille vivent avec le diabète. Les experts ne savent pas si c’est parce que les modes de vie comme l’alimentation ou l’activité physique sont similaires au sein d’une même famille, mais quelle qu’en soit la raison : si des parents proches souffrent de diabète, cela augmente ton propre risque de prédiabète.
  • Tu as pris du poids. La prise de poids provoque des changements hormonaux qui réduisent l’efficacité de l’insuline. Et comme nous avons tendance à prendre du poids avec l’âge, cela peut expliquer pourquoi le risque de prédiabète augmente après 45 ans.
  • Tu ne bouges pas beaucoup. Les muscles ont besoin de beaucoup d’énergie pour bouger. Par conséquent, lorsque tu pratiques une activité physique, ils consomment également une grande partie du sucre présent dans le sang. Le manque d’exercice expose ton corps à une glycémie plus élevée.
  • Ton alimentation pourrait s’améliorer. Les muffins, les biscuits et les gâteaux font monter la glycémie en flèche et les effets négatifs ne s’arrêtent pas là : si tu consommes trop d’aliments pauvres en vitamines et en minéraux, il ne reste plus de place pour les aliments riches en nutriments. Cela empêche ton corps d’obtenir ce dont il a besoin pour se protéger de maladies comme le diabète.
  • Tu as fait du diabète gestationnel. Plus de la moitié des femmes qui ont eu une glycémie élevée pendant la grossesse développeront un diabète de type 2 dans les 8 à 10 ans suivant l’accouchement.

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Signes et symptômes du prédiabète

Le diabète peut se traduire par des symptômes évidents comme des troubles de la vue, mais les signes de prédiabète le sont souvent beaucoup moins et donc faciles à manquer ou à mal interpréter. En conséquence, il n’est pas rare d’arriver trop tard pour agir. Mais les personnes qui détectent les signes avant-coureurs peuvent adapter leur mode de vie en prévention, avant que la maladie ne prenne de l’ampleur.

Tu reconnais l’un des signes avant-coureurs suivants du prédiabète ? Alors, prends rendez-vous avec ton médecin pour des analyses sanguines.

  • Tu as constamment soif (et besoin d’aller fréquemment aux toilettes). « Lorsque la glycémie est élevée, le corps s’efforce d’excréter l’excès de sucre dans l’urine », explique Sandra Voland. Cela peut entraîner un cercle vicieux de déshydratation et une sensation de soif.
  • Tu te sens épuisé·e. Il est souvent logique d’attribuer la fatigue à un sommeil de mauvaise qualité. Cependant, si tu dors suffisamment et que tu es malgré tout fatigué·e et épuisé·e en permanence, cela pourrait être le signe d’une élévation de la glycémie.
  • Tu as des vertiges. Trop d’insuline dans le sang peut parfois provoquer des vertiges. « C’est un signe d’hypoglycémie réactive, c’est-à-dire d’une glycémie insuffisante. Pour certaines personnes, il s’agit d’un indicateur précoce de prédiabète », explique Sandra Voland.
  • Tu ressens des picotements dans les mains ou les pieds. Les personnes atteintes de diabète se plaignent souvent d’une sensation de brûlure ou d’inconfort dans les extrémités. Une étude a révélé que ce symptôme peut également survenir en cas de prédiabète. Cela est dû au taux élevé de sucre dans le sang, qui provoque des lésions des petites fibres nerveuses et donc une douleur.
  • Tu présentes les signes types d’une maladie cardiaque. Les personnes atteintes de diabète de type 2 ou de prédiabète ont souvent également une stéatose hépatique ou une tension artérielle, un taux de cholestérol et un taux de triglycérides élevés.
  • Les rhumes n’en finissent pas. Les lésions nerveuses causés par l’augmentation de la glycémie provoquent non seulement de la douleur, mais peuvent également ralentir la circulation sanguine et priver le corps de nutriments essentiels à la guérison et à la récupération.

Cinq choses à faire contre le prédiabète

En cas de glycémie élevée, le simple fait d’apporter quelques petits changements à ton mode de vie peut grandement contribuer à prévenir ou à retarder le développement du diabète de type 2. Et ce n’est pas tout : tu peux même inverser le processus du prédiabète. Selon l’American Diabetes Association, la recherche démontre que changer de mode de vie peut réduire le risque de développer un diabète de type 2 jusqu’à 58 %.

Les mesures les plus efficaces sont notamment :

1. Perdre du poids.

Selon le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, une perte de poids de 5 à 7 % (soit 4 à 5 kg pour un poids total de 80 kg) peut prévenir ou retarder le développement du diabète. WW peut aider les personnes en situation de prédiabète à perdre du poids. Dans une étude récemment menée aux États-Unis, des volontaires atteints de prédiabète ont participé soit au programme WW, soit au National Diabetes Education Program (NDEP). Après un an, les participants au programme WW pesaient 5,5 % de moins, tandis que les participants au NDEP avaient perdu moins de 1 % de leur poids. Les participants au programme WW avaient également considérablement amélioré leur glycémie et leur taux de cholestérol HDL.

2. Bouger.

« Lors de la pratique d’une activité physique, les muscles utilisent le sucre présent dans le sang pour générer de l’énergie et réagissent mieux à l’insuline », explique Sandra Voland. Une étude a révélé qu’un seul entraînement d’intensité modérée à élevée améliorait les effets de l’insuline de 51 à 85 % pendant une durée maximale de trois heures chez les personnes atteintes de prédiabète. L’activité physique au quotidien favorise également la circulation sanguine, est bonne pour le cœur et les poumons, et t’aide à perdre du poids. Les experts en diabète recommandent de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique modérée, comme la marche rapide, cinq fois par semaine.

Tu as déjà entendu parler de notre Challenge de pas ? Totaliser un grand nombre de pas dans la journée est non seulement efficace contre le prédiabète, mais a aussi bien d’autres avantages. Toi aussi, relève le défi !

3. Réfléchir à tes habitudes alimentaires.

Des recherches récentes démontrent que ce que tu manges (ou pas) a un effet sur la probabilité d’avoir ou non une glycémie élevée. « Une alimentation riche en viande rouge et en boissons sucrées est associée à un risque plus élevé de diabète de type 2 », explique Sandra Voland. Celles et ceux qui, en revanche, mangent beaucoup de noix, de fruits rouges et de yogourt — et qui boivent du café et du thé (non sucrés !) — peuvent avoir une glycémie plus faible.

4. Arrêter de fumer.

Les cigarettes contiennent des substances toxiques qui endommagent les cellules de l’organisme et altèrent leur fonctionnement. Fumer favorise également l’accumulation de graisse abdominale, ce qui augmente la sécrétion de cortisol, une hormone qui augmente la glycémie.

5. Penser aux médicaments.

Changer de mode de vie est le remède le plus efficace contre le prédiabète. Cependant, si la glycémie à jeun ou la valeur A1C ne baisse pas suffisamment, ton médecin peut te recommander un traitement médicamenteux. Dans tous les cas, consulte ton médecin ou un·e diabétologue.

Et enfin la grande question :

Suis-je concerné·e par le prédiabète ?

Si tu présentes des symptômes tels qu’une sensation de soif ou d’épuisement, ou des facteurs de risque tels que des antécédents familiaux ou un diabète gestationnel, tu te demandes peut-être maintenant si tu souffres de prédiabète. Seules des analyses sanguines peuvent répondre à cette question. Si les résultats suggèrent un diagnostic de prédiabète, ne panique pas. Tu contrôles bien plus ton état que tu ne le penses ! « Des changements positifs pour la santé peuvent abaisser la glycémie et l’insulinorésistance, et ainsi prévenir ou retarder le développement du diabète de type 2 », explique Sandra Voland. Mais il ne faut pas perdre de temps : « Le meilleur moment pour changer, c’est aujourd’hui. »

Teste ton risque de diabète ici !

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