Les prédicteurs du succès en perte pondérale

 

Lorsque les scientifiques se penchent sur un problème de santé que partage un groupe de personnes, il leur est souvent utile de trouver les caractéristiques communes, appelées aussi prédicteurs, afin de mieux comprendre et traiter les individus au sein du groupe.

S'il s'agit d'un groupe de personnes qui ont eu, par exemple, une crise cardiaque, les prédicteurs de succès (c'est-à-dire éviter un autre infarctus) pourraient comprendre la participation à un programme de réhabilitation cardiaque, un régime d'exercice régulier, la perte de poids et la prise de médicaments sur ordonnance. 

Les prédicteurs, à eux seuls, ne signifient pas que le résultat individuel souhaité va se concrétiser. Toutefois, ils peuvent aider à comprendre les vulnérabilités d'une personne face à un problème de santé et à orienter les efforts de modification comportementale vers les domaines très susceptibles de faire la différence. 

S'agissant de gestion pondérale, les prédicteurs ont été condensés aussi bien pour la perte de poids initiale que pour l'amaigrissement soutenu.1

Pour la perte pondérale initiale, les prédicteurs sont la haute confiance en soi, la participation à un programme de perte pondérale, le suivi d'un régime d'amaigrissement, le maintien d'une activité physique, l'utilisation des techniques de modification comportementale, telles que l'autosurveillance et l'établissement d'objectifs, et le réseau de soutien social. Ces prédicteurs sont valables aussi pour la perte de poids soutenue et, dans ce cas, sont complétés par d'autres tels qu'une stratégie d'adaptation positive, le maintien du contact avec ceux qui ont appuyé l'effort d'amaigrissement initial, les mesures de santé améliorées et l'adoption d'un style alimentaire « normal ». 

Facteurs de risque identifiés
De même qu'il y a des prédicteurs de succès relatifs à la perte de poids, il existe des facteurs de risque liés à l'échec. Deux facteurs, systématiquement relevés par de nombreux chercheurs, portent sur le nombre de fois qu'on a tenté de mincir et les attentes qu'on avait au début de tout effort de perte pondérale. En d'autres termes, plus on tente de perdre du poids (par exemple de 3 à 4 fois dans l'année écoulée), plus on risque de se retirer d'un programme de perte pondérale et moins on perd du poids si l'on suit le programme jusqu'au bout.2

Attentes et succès
La relation entre les attentes préalables à toute tentative de perte pondérale et la réussite qui s'en suit est intéressante. Cette relation est dite curviligne en ce sens que ceux qui se mettent à perdre du poids avec un état d'esprit résigné (c'est-à-dire en se disant qu'ils se contenteraient d'une perte pondérale minimale) et ceux qui se donnent des attentes peu réalistes perdent en fait le moins de poids. En revanche, ceux qui ont des attentes modérées finissent par perdre le plus de poids.3

Beaucoup de gens se lancent dans un programme de perte pondérale pleins d'optimisme et de confiance en eux-mêmes. Bien que la confiance soit liée au succès, elle doit être tempérée par des attentes réalistes. 

Sans objectifs réalisables relatifs au temps et aux efforts nécessaires, au taux de perte pondérale, ainsi qu'aux avantages que procure l'amaigrissement, il peut se produire un sentiment d'échec né d'une évaluation autodéterminée. En tirant les leçons des tentatives précédentes déraillées par le syndrome des faux espoirs, on sera mieux à même de réussir durablement à perdre du poids.4

Notes

1Institute of Medicine. 1995. Weighing the Options: criteria for evaluating weight-management programs. National Academy Press, Washington D.C.

2Teixeira PJ, Going SB, Houtkooper LB, Cussler EC, Martin CJ, Metcalfe LL, Finkenthal NR, Blew RM, Sardinha LB, Lohman TG. Weight loss readiness in middle-aged women: psychosocial predictors of success for behavioural weight reduction. J Behav Med. 2002 Dec;25(6):499-523. 

3Teixeira PJ, Going SB, Houtkooper LB, Cussler EC, Metcalfe LL, Blew RM, Sardinha LB, Lohman TG. Pretreatment predictors of attrition and successful weight management in women. Int J Obes Relat Metab Disord. 2004 Sep;28(9):1124-33. 

4Polivy J. The false hope syndrome: unrealistic expectations of self-change. Int J Obes Relat Metab Disord. 2001 May;25 Suppl 1:S80-4.