Épanouissement

Les bons côtés surprenants de la préparation de repas à distance

Oubliez toute crainte de manquer des choses (« FOMO ») : pour une éditrice de recettes à WW et maman de trois enfants, la nouvelle normalité passe par la joie de manquer ces choses.

Je suis d’un naturel optimiste, le genre de personne qui recherche les rayons de soleil à travers les nuages par temps gris. Le même état d’esprit s’applique en ces temps de distanciation sociale. Même après des semaines d’isolement à la maison en compagnie de mes trois ados qui se querellent sans cesse et de mon mari qui semble arriver à un tournant — il porte la barbe et est dangereusement prêt d’avoir une coupe Longueuil — j’aime penser qu’il y a du bon en toute chose.

À titre de créatrice de recettes et de nutritionniste, j’ai souvent trouvé du bon dans ma cuisine. C’est toujours le cas aujourd’hui. La « nouvelle normalité » a modifié la façon dont ma famille et moi-même préparons les repas, mangeons et voyons la nourriture. Elle m’a aussi donné une pause de certaines choses dont j’avais besoin sans le savoir. La crainte de manquer des choses s’est donc transformée en joie de les manquer. Voici donc certains aspects de l’ancienne normalité qui ne me manquent pas du tout.

 

Me lever à l’aube pour préparer le repas de mes enfants

 

L’apprentissage se faisant maintenant à distance, mes enfants sont beaucoup moins serrés dans le temps le matin. Personne n’a besoin de sauter dans la douche. Personne n’a à faire un sprint de 100 mètres pour attraper l’autobus scolaire. Mes enfants suivent leur cours de maths par Zoom en pyjama, parfois même dans leur lit. 

Cela signifie qu’ils sont capables de préparer leur propre déjeuner — et leur dîner aussi. Ils n’ont plus aucune excuse! Certains diront peut-être que cette manière incroyable et pratique d’encourager mes enfants à préparer leurs repas fait partie de mon plan d’ensemble visant à leur apprendre à cuisiner. D’autres diront probablement la vérité : j’en profite pour en faire moins ces temps-ci.

Apparemment, cette légère négligence porte fruit. L’autre jour, l’un de mes enfants m’a épatée en préparant des gnocchis à la ricotta avec une sauce aux tomates crémeuse et des épinards à l’ail, un plat semblable à celui, semi-fait maison, qui inclut des pâtes congelées. Les enfants grandissent tellement vite!

 

Faire une visite express à l’épicerie pour acheter l’ingrédient manquant 

 

Avant le début de la quarantaine, je tenais particulièrement à suivre les recettes à la lettre. S’il me manquait un ingrédient, je m’arrangeais pour passer par le supermarché pour l’obtenir. « Je dois reconduire les enfants ailleurs de toute façon! » Je tentais de justifier l’achat. « Je vais juste faire un petit arrêt rapide à l’épicerie. »

Bien entendu, l’arrêt à l’épicerie était tout sauf court. Le stationnement, le déplacement à pied, la recherche dudit produit à l’allée 17 — tout cela prenait du temps. Alors, depuis que les représentants de la santé demandent à la population d’éviter tout déplacement non essentiel et les lieux achalandés, j’ai été obligée de lâcher prise côté recettes — et j’adore ça, en fait. 

À quelques reprises, j’ai laissé tomber certains ingrédients, faute de les avoir, et j’ai été soulagée de constater que les repas demeuraient tout aussi délicieux. À d’autres moments, j’ai fait preuve d’ingéniosité en remplaçant un ingrédient par un autre, comme d’utiliser des pois chiches écrasés comme liants à hamburger une fois toute ma réserve de chapelure épuisée. Cela rappelle bien que la plupart des recettes peuvent être modifiées et adaptées selon les circonstances.

 

Organiser des rencontres avec repas élaborés

 

Je l’avoue, je suis à l’origine de tout ce « dur labeur ». Au fil du temps, mon mari et moi avons gagné cette réputation parmi nos amis de faire les choses en grand lors des réceptions en planifiant soigneusement des menus à plusieurs services pour combler tous les palais. Le problème, c’est que chaque souper faisait croître la pression pour que le prochain soit aussi spectaculaire. Le tout demandait beaucoup de travail et le nettoyage exigé après était brutal. 

Les rassemblements étant temporairement interdits, il a été bon de se rappeler que des repas faits en toute simplicité peuvent être tout aussi spéciaux. L’autre soir, ma famille et moi avons préparé des bols-repas de type chipotle comprenant de la garniture pour taco à la dinde, une purée maison de haricots noirs, du riz brun, de la laitue romaine hachée, de l’avocat en purée au sel de mer et à la lime, des croustilles de tortilla écrasées et d’autres garnitures intéressantes. Pour changer le rythme, nous avons mangé dans la salle à manger plutôt que dans la cuisine. La conversation a été soutenue et agréable. C’était fantastique.

Si mon mari et moi avons la chance de tenir notre réception d’asado argentin cet été, toutes nos excuses à l’avance à nos invités, à qui nous servirons des empanadas du magasin. En fait, non, nous ne sommes pas du tout désolés.

 

Planifier les repas de famille

 

Oui, je le sais : je suis une professionnelle en alimentation. Je comprends donc pourquoi il me reviendrait de planifier les repas de famille. Malheureusement, mon expertise ne facilite pas plus ma tâche de contenter les membres pointilleux de mon ménage. Par exemple, mon mari mangera avec bonheur de la salsa et de la sauce aux tomates, mais il refusera les tomates crues. (Apparemment, c’est une « question de texture ». Bon, d’accord.) Quatre d’entre nous préfèrent les poitrines de poulet tandis que le cinquième aime seulement les cuisses. Je ne peux pas faire cuire des plats avec des bananes ou du poisson, car l’odeur lève le cœur à ma fille aînée. Je ne dois pas non plus oublier mon fils de 18 ans : malgré toute la planification que je fais rigoureusement et peu importe la quantité que je prévois, il n’y en a jamais assez. Ce garçon est un véritable aspirateur humain.

Maintenant que tout le monde est constamment à la maison, nous avons tous à nous occuper de l’éternel fardeau des repas. Nous avons commencé par faire des recherches de nouvelles recettes à tour de rôle ou sélectionner des plats parmi toute une liste de repas favoris qui plairaient à tous les cinq. Un soir, quelqu’un (pas moi) a sélectionné le plat de lasagne à la mijoteuse à servir avec du pain à l’ail congelé et deux plaques de brocoli rôti (réparti congelé sur du papier parchemin, arrosé d’un peu d’huile d’olive et cuit au four à 200 °C [400 °F] pendant 20 minutes environ). L’ingrédient magique? Le consensus.

 

Prévoir le moment de souper entre deux activités

 

En théorie, les repas de famille donnent une excellente occasion de se réunir, mais quand il faut composer avec trois horaires d’adolescents surchargés, bonne chance pour trouver un moment où tout le monde mangera en même temps à table. 

Toutefois, maintenant que les activités sportives et parascolaires sont suspendues, la distanciation sociale nous permet tous de ralentir quelque peu le rythme et de manger ensemble quand nous avons faim — plutôt que quand nous sommes « disponibles ». Selon la journée, nous nous mettons à table pour souper à 17 h... ou dans le coin de 21 h. Sur pause sont ces jours où il fallait avaler des pointes de pizza dans la voiture entre les activités scolaires. 

L’autre soir, nous avons tranquillement dégusté des hors-d’œuvre vers 19 h (un plateau de fromages, de salami, de pommes et de concombres finement tranchés avec noix, confiture et sélection de craquelins), puis nous avons enchaîné avec des portions d’une quantité quadruple de salade acidulée que j’ai préparée après avoir réussi miraculeusement à obtenir une plage horaire de livraison pour l’épicerie. Nous y allons au jour le jour et, en soi, c’est un cadeau.

 

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Leslie Fink, M. Sc., Dt. P., possède 20 ans d’expérience de travail au sein de WW. En plus de son rôle de nutritionniste et d’éditrice de recettes, elle travaille sur le développement alimentaire et l’élaboration de programmes pour divers projets, y compris WW Cruise, des partenariats avec les ambassadeurs WW, WW Fresh ainsi que WW x Blue Apron.