Vous avez faim ? Vraiment ?

Ah, cette douce odeur de pain devant la boulangerie ou cette barre très chocolatée qui vous nargue sur le quai de la gare… Cela vous donne-t-il vraiment faim ? Ou est-ce que vous en avez envie, mais de ce genre d’envie à laquelle on ne peut pas résister... Comme dans votre hebdo cette semaine, voyons ce qui se passe dans votre cerveau.
La faim physiologique
C’est la première raison pour laquelle nous mangeons. Quand le taux de glucose de notre sang diminue, une hormone appelée ghréline est sécrétée ainsi que des neuromédiateurs dans l’hypothalamus, une zone de notre cerveau. Cela nous conduit à rechercher de la nourriture pour faire remonter le glucose sanguin. Pas étonnant alors que cette faim soit modulée par l’équilibre alimentaire, la fréquence des repas et leur composition. Quand on consomme des aliments qui rassasient, cette faim physiologique revient alors moins vite et on est moins tenté par notre environnement(1)…
La faim hédonique
Son nom vient du grec « plaisir »… Ce type de faim est tout aussi physiologique que la première. C’est elle qui a permis à nos ancêtres préhistoriques de survivre en faisant des réserves lors des périodes de famine… C’est une envie irrépressible de manger un aliment, souvent gras et/ou sucré, quand on le voit, on le sent ou même on y pense. Elle est indépendante (même si manger des aliments rassasiants la limite un peu) de la faim physiologique : on peut très bien sortir de table repu mais se laisser tenter par un éclair ou une glace alors qu’on n’a plus faim et qu’on s’était promis de résister ! Quand on cède et qu’on mange cet aliment, les centres du plaisir sont activés dans le cerveau, ce qui nous fait nous sentir bien…
Et si à cela s’ajoute le côté émotionnel qui nous pousse à manger sans avoir réellement faim(2) parce que c’est le gâteau de mamie ou parce que depuis tout petit, on mange un morceau de chocolat pour se réconforter à chaque contrariété, qu’est-ce qu’on fait ?
Nos solutions
On identifie le déclencheur : le boulanger sur le chemin du travail, un sentiment particulier qui nous conduit vers le frigo ? On décortique la situation de manière factuelle quand on se surprend la main dans le frigo. L’idée n’est pas de culpabiliser mais de trouver la parade pour la fois suivante.
On applique sa stratégie : on change d’itinéraire, on se prévoit un exutoire en cas de contrariété comme une balade ou 15 minutes de jogging. S’occuper les mains et la tête, c’est éviter de se rendre disponible pour ces déclencheurs émotionnels ou environnementaux.
Si on flanche, on continue de flancher ! Certaines situations sont plus simples à gérer que d’autres et on ne trouve pas la parade en un jour. Les identifier, c’est déjà la moitié du chemin de fait. Il n’y a pas de petit succès !
1 Zoon HE et al. Food preference and intake in response to ambient odours in overweight and normal-weight females. Physiol Behav. 2014 Jun 22;133:190-6.
2 Patel KA, Schlundt DG. Impact of moods and social context on eating behavior. Appetite 2001 Apr;36(2):111-8.