<b>Soyez plus tendre avec vous-même</b>

Après le travail, vous sortez au restaurant avec un ami qui essaie de perdre du poids. Votre ami commande un bacon cheeseburger avec des frites et mange tout ce qui se trouve dans son assiette. Ensuite, votre ami réalise qu’il n’aurait sans doute pas autant manger.
Voici ce que vous lui répondrez probablement : « Ce n’est pas grave. On dérape tous à un moment donné. Oublie ça et recommence demain. »
Voici ce que vous ne lui répondrez jamais : « Tu es un cochon dégoutant. C’est pour ça que tu n’arrives jamais à perdre du poids. »
Le gouffre entre ces deux réponses est au cœur d’un domaine de recherche psychologique appelé « l’auto-compassion » — l’art d’être aussi bienveillant envers vous-même que vous le seriez envers un ami.
Bien que peu d’entre nous adresseraient, pour de vrai, le deuxième commentaire à un ami, nous serions nombreux à nous faire une remarque aussi blessante si c’était nous qui avions consommé le hamburger et les frites en question.
Pourtant, l’auto-compassion — et non le dénigrement dont nous pourrions faire preuve envers nous-même — peut être un outil puissant pour perdre durablement du poids, explique Kristin Neff, professeure adjointe du développement humain et de la culture à l’Université du Texas à Austin aux Etats-Unis. De plus, le dénigrement va non seulement vous rendre triste, mais aussi nuire réellement à vos efforts de perte de poids.
« L’auto-critique — se dire des choses comme “Je suis un gros bon à rien” — a tendance à mener à la déprime », affirme Mme Neff, auteure de « L’auto-compassion : cessez de vous rabaisser et débarrassez-vous de vos insécurités ». « La déprime est tout le contraire de la motivation. Comment allez-vous vous motiver à aller à la salle de sport lorsque vous être persuadé que vous n'êtes bon à rien? »
Il ne faut pas confondre auto-compassion et estime de soi, auto-pitié ou auto-indulgence. « Vous ne vous déresponsabilisez pas et vous ne faites pas preuve d’une indulgence excessive à votre égard », précise Mme Neff. « Pensez à une mère qui montre de la compassion — elle veut que son fils fasse ses devoirs et se couche à une heure raisonnable parce qu’il en profitera. Elle ne va pas le traiter d'incompétent et de nul s’il ne mange pas ses légumes. »
Les études
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Tout ceci ne vous semble pas suffisamment fondé sur des faits concrets? Eh bien, il y a de la science à l’appui. Les gens qui sont gentils envers eux-mêmes sont ainsi moins découragés par les revers et plus positifs par rapport à la vie en général. Ils tendent aussi à mieux manger, faire de l’exercice, et prendre bien soin d’eux, même lorsqu’ils sont stressés. Et ceux qui se témoignent de l’auto-compassion sont aussi plus aptes à maintenir leur perte de poids.
Commencez à être plus aimable envers vous-même
Mme Neff propose les trucs et astuces ci-dessous pour utiliser l’auto-compassion afin de favoriser vos efforts relatifs à la perte de poids.
1. Portez attention à ce que vous vous dites surtout s’il s’agit de propos désobligeants. « Les mots auto-critiques que nous utilisons lorsque nous nous parlons dans notre for intérieur peuvent être vexants », explique Mme Neff. « Demandez-vous si vous vous exprimeriez de cette manière en parlant avec un ami ou un étranger. »
2. Faites comme si vous étiez un ami bienveillant. Remplacez les paroles dénigrantes que vous vous adressez par ce qu’une personne douce et compatissante de votre entourage — votre meilleure amie, votre grand-père adoré — pourrait dire pour vous motiver.
3. Voyez au-délà. Gardez à l’esprit que vous n’êtes pas la seule personne à avoir de la difficulté à équilibrer la mise en forme, la famille et les obligations professionnelles. Rappelez-vous aussi que vous n’êtes pas la seule personne à avoir englouti tout un paquet de gâteaux après une dure journée au bureau. Cela peut vous aider à relativiser les moments éprouvants que vous vivez.
4. Trouvez votre motivation. Mme Neff soutient que les personnes qui affichent de l’auto-compassion ont souvent les mêmes nobles objectifs que leurs pairs, mais avec des motivations différentes. Selon Mme Neff, les personnes qui essaient de perdre du poids dans le but d’impressionner d’autres pourraient avoir plus de difficultés à s’en tenir à un programme de régime alimentaire et d’exercice que les personnes dont la motivation découle d’un désir de se sentir mieux et d’être en meilleure santé. Cette motivation inhérente est particulièrement utile après un revers. « Lorsque vous échouez — et nous échouons tous — vous ne vous considérez pas comme un échec ou un crétin », affirme Mme Neff. « Vous pensez plutôt : Je suis humain, ce genre de chose arrive, ce n'est pas grave, je veux être en bonne santé, alors je vais continuer d’essayer ».
5. Choisissez à l’avance des mots d’encouragement que vous pouvez vous dire lorsque vous faites face à de dures épreuves. Mme Neff suggère qu’à la place de vous traiter de tous les noms après avoir dévoré une pizza entière garnie de quatre types de fromages, essayez de vous répéter des variantes des phrases suivantes : « C’est un moment difficile. Les moments difficiles font partie de la vie et les dérapages font partie de tout plan de perte de poids réussi. Me faire des reproches ne m’aidera pas. En étant plus aimable envers moi-même, les choses iront mieux pour moi à l’avenir. »
6. Prenez bien soin de vous. Profitez pleinement du temps que vous vous consacrez grâce à des idées que vous pouvez facilement mettre en œuvre.
* Les liens pour ces études sont uniquement disponibles en Anglais