Obésité : et si on révisait nos préjugés ?
Faisons le point sur les idées reçues, leur conséquences et ce que chacun peut faire changer la vision négative du surpoids.

Les personnes souffrant d'obésité sont encore fréquemment victimes de stigmatisation. A l'occasion de la journée mondiale contre l’obésité ce lundi 4 mars, nous avons décidé de lever les tabous sur les préjugés, de souligner les conséquences des idées reçues et enfin, de faire le point sur ce que nous pouvons faire pour faire évoluer ce phénomène et apprendre à aimer son corps, même quand on veut perdre du poids.
Qu'est ce que la stigmatisation liée au poids ?
Stigmatiser quelqu'un, c'est le critiquer publiquement. Il faut savoir qu'il y a longtemps, pour stigmatiser les gens, on les marquait au fer rouge ! Heureusement, ce n'est plus le cas, mais il est malheureusement très fréquent que les personnes en surpoids ou souffrant d(obésité soient stigmatisées. Cela peut être sous forme :
de préjugés ou de stéréotypes : les personnes en surpoids sont fainéantes
de discriminations : à l'embauche par exemple
de moqueries, des injures et dans les cas les plus extrême, du harcèlement
Si certaines personnes s'en fichent et passent outre ces médisances, tout le monde ne le vit pas avec autant détachement. Se faire attaquer sur son physique n'a rien d'une partie de plaisir et trouver la force de ne pas s'en soucier n'est pas toujours si simple.
Une étude scientifique menée sur près de 14000 membres WW en Australie, au Canada, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis a démontré que la moitié des participants avaient déjà vécu au moins une expérience de stigmatisation liée à leur poids (par leur médecin, leur famille, leur collègue...). Une deuxième étude à révélé que l'internalisation de cette stigmatisation, c'est-à-dire de finir par croire que les remarques et situations négatives vécues à cause de leur poids sont normales, est associée à une moins bonne qualité de vie liée à leur santé mentale et physique, à de moins bons choix en termes d’alimentation et d’activité physique, à un plus grand engagement dans l’alimentation comme stratégie d’adaptation (alimentation émotionnelle), à une moins bonne image corporelle et un stress plus élevé.
Quelles sont les conséquences ?
Assez logiquement, si on est victime de moqueries sur son poids, on aura tendance à adopter un comportement alimentaire malsain. Lorsqu'on est triste ou déprimé, on se réfugie facilement dans la nourriture1. Or, en mangeant plus que de raison, on prend du poids. Et puis pourquoi faire du sport puisqu'on a juste envie de rester sous sa couette à attendre que ça passe ?
Voici quelques exemples recueillis sur Connect
Comment réagir ?
Le plus important est de ne pas garder son mal être pour soi. Plus on l'intériorise, plus on se sent mal. De plus, il ne faut pas oublier que tout le monde a le droit au respect. S'attaquer au physique des gens, c'est comme s'attaquer à leur couleur de peau ou à leur sexe : ça n'a aucun fondement. Dites-vous que les gens qui vous attaquent sont probablement ceux qui ont le plus de problèmes.
N'hésitez pas à en parler à vos amis, à votre famille ou sur Connect ! Vous y trouverez du soutien et de l'amour (oui oui !). Et rappelez-vous que si vous n’êtes pas en mesure de changer le comportement des autres, vous pouvez maîtriser votre manière de réagir. Concentrez votre énergie sur une façon saine de gérer vos émotions : activité physique, exercice de relaxation, karaoké (et oui pourquoi pas ?), danse sur des rythmes entraînants...
Dites-vous bien que personne ne mérite d'être dénigré et rappelez-vous aussi l'essentiel : vous êtes formidable !
1 : Vartanian LR, Porter AM. Weight stigma and eating behavior: A review of the literature. Appetite 2016,102; 3-14.