Pourquoi j’ai hâte que la ménopause arrive
Comme pour bien des aspects liés au fait de prendre de l’âge, la société a appris aux femmes à avoir peur de la ménopause. Voici pourquoi cette rédactrice la voit comme un évènement à célébrer.
En ce moment, j’attends l’arrivée de mes règles. Pas parce que j’ai peur qu’elles n’arrivent pas, mais parce que j’ai hâte qu’elles s’arrêtent. Ces quatre derniers jours, j’ai essayé de vivre ma vie, de voir mes amis, de travailler – comme d’habitude – tout en ayant des sautes d’humeur, des crampes, de la constipation, et même une migraine. J’ai 47 ans et je me demande combien de temps tout ça va encore durer. La lumière au fond du tunnel, pour moi, c’est l’attente de l’arrivée de la ménopause et la fin de tout ces symptômes. Honnêtement? Je l’accueillerai à bras ouverts.
C’est pendant ces quelques dernières années que mes menstruations sont devenues intolérables. Depuis que j’ai eu mes premières règles vers l’âge de 12 ans et demi, elles n’ont jamais été aussi embêtantes. J’ai eu la chance d’avoir des règles assez courtes et peu abondantes durant toute ma vie. Bon, elles étaient souvent un peu irrégulières (je pense à la fois où j’ai mis une robe en lin sur une île uniquement accessible par bateau et que j’ai eu mes règles avec deux jours d’avance) et parfois j’ai eu des symptômes de crampes et me suis sentie irritable. Mais ça n’a jamais duré plus d’une journée et tous ces symptômes ne sont jamais survenus en même temps.
Maintenant, je sais que tout cela est lié à la périménopause, cette période assez longue et pas vraiment le fun qui précède la ménopause. Peut-être que c’est un moyen pour mon corps de marquer la fin de mes règles – comme un grand final qui s’assure que ma fertilité ne me manquera pas ou que je ne me concentre pas trop sur le fait que je suis en train de prendre de l’âge.
La ménopause, comme tous les symptômes liés à l’âge, semble affecter tout le monde de manière assez imprévisible. Vieillir n’a pas vraiment été quelque chose de difficile pour moi. Mes cheveux blonds ont commencé à devenir gris vers le milieu de ma vingtaine et je les ai éclaircis jusqu’à ce qu’ils poussent totalement blancs. Mon corps est un peu plus flasque mais en tant que personne ayant été à la diète plusieurs fois depuis l’école primaire, je ne me suis jamais associée avec le fait d’avoir un corps « attirant ». J’ai essayé le Botox et les injections mais ça ne m’a pas suffisamment changé la vie pour pouvoir en justifier le prix.
Alors je me suis laissée prendre de l’âge, je dirais, assez naturellement. Mais ça ne veut pas dire que je me suis laissée aller. Je me fais épiler à la cire à chaque mois sans faute. J’ai porté une jupe courte avec un chandail noir transparent à ma fête l’an dernier. La dernière relation sérieuse que j’ai entretenue était avec un homme qui avait 15 ans de moins que moi (et j’avais une plus grande libido que lui, donc pas de problèmes à l’horizon dans ce domaine pour le moment). Je ne sais pas si je suis au paroxysme de ma beauté pendant la phase de périménopause mais je me sens mieux que jamais. Je me sens vraiment moi-même, comme s’il m’avait fallu tout ce temps pour vraiment me rencontrer et m’accepter. Je suis moi, et je suis imparfaite.
J’ai bien sûr entendu mes amies et des inconnues sur TikTok se plaindre du fait de se sentir de plus en plus invisible avec l’âge. Peut-être que le monde extérieur ne vous donne pas autant de validation mais ça a rarement été le cas même avant cela. Mon corps était consommé par le public, en particulier par des inconnus qui prenaient mon ventre pour celui d’une femme enceinte ou me demandaient qui avait coupé mes cheveux bouclés.
Dans cette perspective, le fait de prendre de l’âge est gratifiant pour quelqu’un comme moi, qui a passé ses « meilleures années » dans une bataille constante avec sa confiance en soi. En tant que femme dans le monde, je me sens vraiment et profondément visible. J’ai tellement d’opinions que je peine à les garder pour moi. Souper toute seule dehors ne me pose pas de problème et je n’ai pas honte de passer une soirée dans un bar jusqu’à 4 heures du matin de temps en temps. Je ne me suis pas vraiment transformée en « nouvelle femme d’âge moyen » mais pour la première fois de ma vie, je me suis donnée la permission de vivre ma vie sans me poser trop de questions.
Au lieu de pleurer le fait de vieillir, je trouve une certaine liberté dans cette longue marche lente vers la ménopause. Et vous savez ce qui sera le plus grand indicateur de ma liberté? L’affaire que j’ai vraiment hâte de laisser derrière moi? Ne plus jamais à avoir à acheter des tampons.
Ce contenu vise seulement à informer et ne forme pas la base de conseils médicaux, de diagnostic ni de traitement. Il ne devrait pas remplacer les conseils de votre professionnel de santé.