Laissez tomber votre charge (mentale)

Peu importe les pensées négatives qui vous pèsent, apprenez comment les laisser tomber et prenez votre envol!

Il n’est pas toujours aussi facile qu’il le paraît de se libérer. Que vous cherchiez à vous libérer d’un emploi médiocre, d’un immense désordre ou d’un critique intérieur aussi cruel que Cersei Lannister de Game of Thrones, il y aura des gens qui voudront vous faire croire que l’on peut facilement se libérer des chaînes mentales qui nous emprisonnent en marchant vers le soleil couchant. J’aimerais que ce soit aussi simple. Tout ce que j’ai personnellement réussi à laisser aller – notamment un ancien mari et une paire de Levi’s trop petite que je m’étais juré de reporter un jour – n’a pas quitté mes mains avant qu’elles soient couvertes des marques sanglantes de mes propres griffes. Ce n’est vraiment pas facile pour moi.

 

Et je crois que je ne suis pas la seule. Le monde est rempli de gens qui ont plus de facilité à s’accrocher aux situations négatives qu’à les laisser aller. Ce qui me rassure lorsque j’écris les trois mêmes résolutions chaque année (manger moins, faire plus d’exercice et vendre mon roman) est qu’en m’adonnant à mon rituel annuel, je sais que je ne suis pas seule et que je m’inscris dans une volonté universelle de se débarrasser de nos vieux problèmes au début de l’année. Il existait une ancienne coutume italienne qui consistait à jeter de vieux objets par la fenêtre au Nouvel An, y compris des poêles, des casseroles et des vêtements. Des villes comme New York organisent des événements de « nettoyage » comme la « Journée bon débarras » durant laquelle des déchiqueteuses sont parfois disponibles. En Thaïlande, même les éléphants participent à de gigantesques batailles d’eau à l’échelle de la ville qui symbolisent la disparition des problèmes de la dernière année.

 

Si ce genre d’anciennes traditions vous aide, tant mieux. Les psychologues estiment toutefois qu’il existe une foule d’autres manières de vous sortir d’un espace négatif et de vivre comme si la porte était ouverte. Peu importe la manière, cela vaut la peine : en vous éloignant d’une situation ou d’un état d’esprit toxique, vous réaliserez que la plupart du temps, vous avez le pouvoir d’améliorer votre vie, que ce soit en perdant du poids, en changeant de carrière ou en fixant enfin des limites avec vos beaux-parents. Voici comment :

 

 

 

Votre feuille de route pour vous débarrasser des pensées toxiques.

 

 

1. Réglez une minuterie et définissez le problème.

 

À présent, vous savez probablement ce qui vous retient. Vous l’avez analysé, vous vous en êtes plaint, vous avez peut-être même retracé l’origine du problème jusqu’à votre enfance. C’est assez. « Après un certain temps, plus on parle d’un problème, plus on risque de le cristalliser », affirme Lani Nelson-Zlupko, Ph. D, LCSW, une professeure agrégée adjointe à l’Université de Pennsylvanie qui se spécialise dans la gestion de transition. « La plupart du temps, la raison pour laquelle nous éprouvons un certain problème n’est plus importante », ajoute-t-elle. « En parler n’explique pas comment aller de l’avant. Souvent, quelques minutes après avoir commencé à discuter avec un client d’un problème, il devient clair que parler du problème accentue le sentiment d’impuissance, de frustration et de perte de pouvoir » précise la Dre Nelson-Zlupko. « Il est temps de passer à la recherche de solutions. »

 

La recherche corrobore sa constatation : un lien a été établi entre le fait de ressasser des problèmes, ce qu’on appelle de la rumination ou de la persévération, et un risque plus élevé de souffrir de problème de santé émotionnelle, comme l’anxiété, le stress, la dépression et l’évitement et de présenter des symptômes accrus chez les personnes qui souffrent déjà d’anxiété et de dépression. Donc oui, il est essentiel de trouver ce qui vous retient! Mais ne vous enlisez pas dans les méandres du pourquoi et du comment.

 

 

 

2. Passez en mode solution.

 

La Dre Nelson-Zlupko vous conseille de fixer un objectif à l’aide de mots qui favorisent la résolution de votre problème et non de mots qui le renforcent. « Je vais retourner aux études » est beaucoup plus efficace que « Je vais quitter mon emploi sans avenir », par exemple. Ce qui est tout aussi important, ajoute-t-elle, est de choisir des énoncés d’objectif qui ne sont pas trop difficiles. « Si vous détestez votre corps, l’objectif d’aimer votre corps sera très difficile à atteindre. Un objectif plus modeste, comme “Je vais apprendre à être satisfait de moi” est préférable pour commencer. »

 

Songez ensuite à trois choses que vous pouvez faire tout de suite – aujourd’hui – pour vous rapprocher de cet objectif. (Parlez-vous avec douceur. Portez un vêtement qui met en valeur votre plus bel attrait. Trouvez un étirement du dos qui fait du bien. Vous voyez? Vous réussissez déjà.) « Le but de tout objectif n’est pas de réussir ou d’échouer, c’est de vous faire bouger », fait observer la Dre Nelson-Zlupko.

 

 

 

3. Concentrez-vous sur le jeu de pieds.

 

Bien que le concept du « lâcher-prise » puisse sembler moderne, il existe depuis des siècles et remonte au moins à Bouddha, affirme Thomas Merluzzi, Ph. D, un professeur de psychologie à l’University of Notre Dame. Il s’est raffiné dans la Rome antique « lorsque les philosophes stoïciens l’ont défini comme faire correctement autant de choses que vous pouvez afin de vous permettre d’atteindre un objectif », précise-t-il. « Ce qui se passait par la suite – le résultat final – était à la discrétion des dieux. Cependant, notre culture met tant l’accent sur les résultats à court terme que nous ne sommes pas toujours à l’aise de penser au long terme. On s’attend à ce que nos actions donnent des résultats précis. La vie ne fonctionne souvent pas ainsi », note le Dr Merluzzi.

 

La perte de poids est un bon exemple. Certaines personnes peuvent tout faire comme il faut et s’attendre à perdre un certain poids par mois. Il se peut toutefois qu’elles ne perdent que la moitié de cette quantité – ou rien. Ceux qui sont axés sur les résultats auront l’impression d’avoir échoué. Mais ceux qui sont axés sur le jeu de pieds « peuvent être déçus, mais ils sauront qu’ils ont réussi à adopter des comportements plus sains. »

 

Alors, au lieu de ne voir que l’objectif ultime – trouver l’amour ou un nouvel emploi fantastique – fixez des objectifs qui portent sur la manière de l’atteindre. Inscrivez-vous à des sites de rencontres. Envoyez des CV. Acceptez le processus. Puis, laissez le destin suivre son cours. Le Dr Merluzzi ajoute que cela peut être utile de se dire : « Je vais faire de mon mieux pour ne pas me préoccuper en ce moment des conséquences futures – elles arriveront en temps voulu. »

 

 

 

4. Sachez qui sont vos agresseurs.

 

Bien qu’il puisse être rassurant de croire que peu importe le problème, tout est dans la tête, ce n’est habituellement pas le cas. Avoir de la difficulté avec son image corporelle, par exemple, peut provenir de subtiles (ou peu subtiles) remarques faites par des gens que vous connaissez et certainement d’innombrables photos des médias qui vous disent à quoi vous devriez ressembler.

 

Les réseaux sociaux ne sont pas toujours utiles non plus : en 2014, des professeurs de l’Ohio University et de la University of Strathclyde à Glasgow en Écosse ont mené un sondage auprès de 881 étudiantes universitaires qui passaient du temps sur Facebook et ils ont observé que passer plus de temps sur ce réseau social était associé à une image corporelle négative. Malheureux au travail? Plus de la moitié des gens interrogés par RAND Corporation en 2015 ont déclaré avoir des conditions de travail désagréables ou même dangereuses et près d’une personne sur cinq affirmait évoluer dans un environnement social hostile ou même menaçant au travail.

 

L’idée est que ce n’est pas le fruit de votre imagination. Des gens et des forces extérieures conspirent parfois pour vous garder coincé. Il se peut que vous ne puissiez pas les larguer. Par contre, il est avisé de savoir qui ils sont, de comprendre quels sont leurs effets et de minimiser votre contact avec eux.

 

5. Trouvez une tribu.

 

Le soutien social peut aider à persévérer avec les changements. « C’est parce que la majorité des histoires négatives que nous nous racontons reposent sur le mythe que nous sommes seul », explique la Dre Nelson-Zlupko. « Les groupes nous rappellent que peu importe le problème auquel nous sommes confrontés, nous ne sommes pas seuls et qu’une personne aux prises avec des difficultés similaires cherche également une solution. » De plus, des groupes de soutien aident les gens à obtenir toutes sortes de résultats qu’ils ne réussiraient peut-être pas à obtenir seuls. Que ce soit Toastmasters, des programmes de 12 étapes, des cours d’opéra ou de l’encadrement professionnel, trouver des gens qui vous comprennent vraiment peut faire toute la différence.

 

 

6. Respirez. Puis transpirez.

 

Vous avez entendu mille fois que l’exercice était bon pour la santé mentale. C’est la même chose pour la méditation. Mais la combinaison des deux peut aider à fournir une plateforme puissante pour vous éloigner de ce qui vous préoccupe. Une étude effectuée en 2016 à la Rutgers University a permis de découvrir que la combinaison des deux – 30 minutes de méditation suivies de 30 minutes d’entraînement – aidait les gens souffrant de dépression à se sentir mieux et que c’était plus bénéfique que seulement l’exercice ou la méditation. Ce qui s’est révélé surprenant était que cela a également aidé le groupe témoin (dont les membres n’étaient pas déprimés) à surmonter plus rapidement l’inquiétude et les pensées négatives.

 

 

7. Revenez sur la bonne voie.

 

Enfin, vous devez comprendre que se libérer n’est pas une démarche qui réussit du premier coup. Bien souvent, mon erreur consiste à m’attendre à un moment de libération dramatique. Comme Mel Gibson dans Braveheart, je pense que je n’ai qu’à crier « Liberté! » et que les problèmes disparaîtront par magie. « Les gens sont des humains, pas des robots », fait remarquer la Dre Nelson-Zlupko. « On doit s’attendre parfois à ne pas atteindre nos buts. La réussite est possible lorsqu’on sait que les échecs font partie de la vie et que l’on revient tout de suite à notre mission renouvelée, idéalement avec une nouvelle touche, un nouveau renforcement ou une nouvelle stratégie. Lorsque vous vous surprenez à penser comme avant, dites-vous simplement “Bon, me voilà reparti”, puis encouragez-vous à revenir sur le droit chemin. »