Recadrez le stress; désamorcez la pression

Contrairement à la croyance populaire, un peu de stress n’est pas toujours une mauvaise chose. Voici comment maîtriser et tirer pleinement parti de l’énergie qui en découle.

En vous promenant dans le rayon des livres de développement personnel de votre librairie locale, vous remarquerez sans doute une multitude de titres du genre « Réduisez votre stress pour de bon! », « Cessez de vous inquiéter dès maintenant! » ou « Adieu stress! ». Or, même si vous pouviez suivre de tels conseils et éliminer à jamais le stress de votre vie, voudriez-vous vraiment procéder de la sorte?

Au dire de certains psychologues, la réponse à cette question est un non catégorique. En fait, un peu d’anxiété peut rehausser la façon dont vous exécutez des tâches primordiales selon une étude de 2016 présentée dans la revue Social Psychological and Personality Science.

« Un certain stress aide à nous propulser », explique Mary Alvord, PhD, professeure agrégée adjointe de psychiatrie et de sciences du comportement à la George Washington University School of Medicine and Health Sciences, à Washington, DC, et auteure de Conquer Negative Thinking for Teens (Conquérir les pensées négatives pour les ados). « Cela aiguise notre esprit et nous aide à penser clairement. »

« Le problème », ajoute-t-elle, « survient lorsque nous ressentons un stress excessif qui prend alors l’allure d’un fardeau. Quand le stress devient chronique, il peut causer des maux de tête, des douleurs à l’estomac et plus encore. »

Alors, comment pouvons-nous profiter de l’anxiété que nous ressentons avant une grande présentation ou un événement important et en faire une force positive?

3 étapes pour que le stress appuie vos efforts

1. Transformez votre énergie en fébrilité

Dans bien des cas, il y a une distinction très subtile entre un défi et une menace, déclare Jeremy Jamieson, PhD, professeur agrégé de psychologie à l’University of Rochester, à Rochester, NY. Si nous pensons pouvoir surmonter un obstacle, nous l’envisagerons comme un défi à relever, précise-t-il. Si nous pensons ne pas pouvoir surmonter un objectif, nous l’envisagerons à la place comme une menace.

Prenons l’exemple d’un skieur au sommet d’une montagne abrupte et glacée. Le Dr Jamieson dit qu’un athlète qui cumule des années d’expérience sur les pentes pourrait avoir hâte de commencer la descente. Un débutant, par contre, pourrait être terrifié.

Le Dr Jamieson souligne que le système nerveux sympathique (la partie du corps qui augmente la fréquence cardiaque, le rythme respiratoire et la pression artérielle) tant du débutant que du skieur chevronné sera stimulé. Cependant, le cœur du skieur passionné pourrait fonctionner plus efficacement tandis que la pression artérielle du débutant pourrait chuter.

Plutôt que d’essayer de vous calmer, certains experts vous recommandent d’adopter la démarche contraire, c’est-à-dire d’opter pour une approche qui vous ragaillardit. Une étude de 2014 publiée dans la revue Journal of Experimental Psychology: General a révélé que lorsque les gens faisaient face à trois tâches possiblement gênantes — interpréter une version karaoké de la chanson « Don’t Stop Believin’ », prononcer un discours devant une foule et passer un test de maths — ceux à qui on avait dit de considérer ces épreuves « avec enthousiasme » ont systématiquement produit de meilleurs résultats (et se sentaient mieux) que ceux à qui on avait dit de rester calmes ou de se détendre.

« À des niveaux moins élevés, le stress peut être un bon outil », affirme la Dre Alvord, « parce qu’il nous amène à penser “Je peux le faire” ou “Je le ferai”. En revanche, à des niveaux élevés, le stress nous amène à penser “Je ne peux pas le faire” ou “Je ne veux pas le faire”. Nous cherchons alors à éviter la situation plutôt qu’à l’accepter. »

2. Prenez le contrôle

Si vous êtes aux prises avec un obstacle qui semble insurmontable (comme un échéancier serré ou une présentation d’envergure au travail), prenez un peu de recul et commencez à établir une stratégie.

« Peut-être que vous aurez à décomposer la tâche en plus petits segments ou lui consacrer plus de temps », indique la Dre Alvord. « Peu importe de quoi il s’agit, réfléchissez aux moments où vous avez achevé une tâche similaire et rappelez-vous que vous avez déjà réussi à cet égard et que vous pouvez réussir cette fois aussi. »

« Lorsque nous nous disons “J’ai déjà fait ceci” », explique-t-elle, « nous créons une image visuelle du [succès] dans notre esprit et c’est très motivant. »

En effet, croire c’est pouvoir.

3. Soyez irrépressible

Inévitablement, signale la Dre Alvord, il nous arrive tous de vivre des moments difficiles. Nous ne pouvons nier le stress qui survient après, par exemple, le décès d’un parent ou la perte d’un emploi ou la saisie d’une demeure. Cependant, explique la Dre Alvord, nous pouvons être résilients et refuser de nous percevoir comme une victime de nos circonstances.

« Même dans le pire des cas — par exemple, vous perdez votre emploi — vous pouvez toujours faire quelque chose d’utile », déclare-t-elle. « Vous devriez vous dire “Je peux toujours trouver un autre poste. Cela me prendra peut-être du temps, mais j’y parviendrai.” »

Surtout, précise-t-elle, il est important de ne pas « catastropher » — c’est-à-dire ne pas s’attarder sur les scénarios apocalyptiques qui pourraient, à votre avis, faire surface en tout temps.

« Les personnes optimistes sont plus résilientes », affirme-t-elle. « Cela ne veut pas dire qu’il faut nier les aspects désagréables, mais plutôt qu’il faut voir le bon côté des choses et de l’avenir malgré le négatif. »

En fin de compte, le stress peut vous rendre plus fort et les trois étapes présentées ici vous aideront à relâcher la pression pour parvenir à cette fin.